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1984 – Depuis plus de mille ans, les chemins de pèlerinage
au Mont-Saint-Michel sont une sorte de pont qui relie la banalité de
notre monde à la transcendance – 212 p. – ISBN :
2-85480-077-X – 6,40 €
Résumé :
Les chemins de paradis se sont formés sur les itinéraires
des pélerins qui venaient dès le IX° siècle
de toute l’Europe au Mont-Saint-Michel. Le livre présente
les raisons qui ont poussé des centaines de milliers
de « Miquelots », dont même des
enfants, à venir jusqu’au sanctuaire de l’Archange.
Il présente aussi les origines du culte à Saint-Michel
et le rayonnement qu’il peut avoir. Il décrit
en plus les itinéraires qui peuvent être encore
utilisés pour la randonnée et plus si affinité en
matière de pèlerinage.
Extrait :
Extrait de «Les chemins de Paradis»
De tous les pélerins du
Mont, ces pélerins que les Normands
surnommèrent les Miquelots, les plus attachants sont
incontestablement les enfants.
Venant
presque toujours de leur propre initiative, parfois même
contre
la volonté de leurs parents, ces tout jeunes miquelots
dont les cadets n'avaient pas huit ans, dons les aînés
ne dépassaient guère
la
vingtaine, se constituaient le plus souvent en groupes d'une trentaine
de membres appartenant à la même paroisse ou à la même
région.
Ils partaient brusquement, comme sous
la pression d'un appel
irrésistible ; se rendaient au Mont y faire leurs dévotions
et rentraient chez eux quelques semaines ou quelques mois plus tard.
Certains d'entre eux restaient en chemin, faisant souche.
Bien des gens
d'aujourd'hui dont le patronyme s'apparente à Miquelot
sont des descendants de ces pélerins-là.
Le mouvement de ces pélerinages d'enfants prit
son essor avec le
commendement de la guerre de Cent Ans. Il se poursuivit durant des
dizaines d'années. Voici ce qu'en dit la Chronique de Colone
: « En
cette année-là (1455), il y eut un grand pélerinage
au
Mont-Saint-Michel en Normandie, pélerinage don’t la durée
fut d'environ
deux ans et qui était formé de petits enfants de huit,
neuf, dix et
douze ans, venant de tous les pays, villes, villages d'Allemagne, de
Belgique et d'autres contrées. Ils se réunissaient en
grandes troupes, abandonnant pères et mères et marchaient
deux par deux, en procession ;
le cortège était précédé d'étendards
avec des effigies de Saint-Michel.
Les enfants d'une même localité se tenaient ensemble et
sur les
étendards on voyait aussi les blasons de leurs seigneurs. Et c'était
chose digne de pitié que de voir ces enfants sortis de chez eux malgré la volonté de leurs parents et sans viatique. Néamoins,
ils se portaient bien car tout le long de la route on leur donnait à boire età manger en quantité suffisante. À leur arrivée
au Mont-Saint-Michel,
ils offraient leurs étendards à l'archange.
Les détails de ces pélerinages, comme
pour ceux des adultes, sont
assez précis. Ainsi sait-on que des fidèles de Millau,
partis de chez
eux le 17 juillet 1441, étaient de retour le 27 août
suivant ; ou bien
qu'une trentaine d'enfants Liégeois, sous la conduite d'un
certain Nicolas Lepellier, partis le 4 mars 1458, arrivèrent
au but, en passant par l'Artois, le 25 du même mois.
Illustrations :

Editeur :
Editions Charles Corlet
Diffusion :
En voie d’épuisement. A commander d’urgence à son
libraire
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