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2007 – Un garçon de 15 ans s’enrôle
sur les vaisseaux du Roi. Il aura de nombreuses aventures
et connaîtra des moments terribles – ISBN :
en cours
Résumé :
François est le fils d’un armateur de Saint-Vaast-la-Hougue.
Son père voudrait le voir lui succéder. Mais
François veut devenir marin du Roi. A force de persuasion,
il parviendra finalement à embarquer sur un vaisseau
prestigieux, au port de Brest. Mais des ennemis du Roi rôdent !
Malgré les embûches, nous l’accompagnerons
aux côtés de l’Amiral de Tourville et parviendrons
jusqu’au cœur de la bataille.
Extrait :
Extrait de «l’enseigne du Soleil Royal»
À travers l’enchevêtrement de cordages, de vergues et de mâts
formé par la mâture, on distinguait un ciel pur, tout étincelant
d’étoiles. Sûrement, la journée serait belle demain!
La mer s’étendait à perte de vue sous la lune, plate et luisante.
Moment merveilleux! Instant privilégié suscitant au marin la méditation!
Instant sublime unissant le marin à la Création! Comment oublier
jamais ces nuits poignantes et souveraines offertes par la mer, le ciel et les
astres? Comment oublier ces nuits qui entrouvrent devant l’homme les portes
de l’infini?
Un palan couina. La lune étendit sur le pont l’ombre des mâts.
Des pièces de bois grincèrent quelque part tandis que le fanal
du gaillard se balançait mollement au-dessus des compas. Le visage de
l’homme de barre semblait grave à la lueur de la chandelle. L’homme
ne quittait pas des yeux la petite aiguille aimantée qui, dans sa boîte
de cuivre rutilant, conduisait avec certitude tous ces hommes vers leur destin.
Le palan couina de nouveau. Le clair de lune étendait toujours sur le
pont des ombres mouvantes. Épisodiquement, le bois grinçait, travaillant
sans cesse, et le fanal du gaillard se balançait au rythme d’un
léger roulis.
- Ouvre l’œil au bossoir devant… les feux sont clairs!
Tout était calme.
À quelques encablures, devant, on pouvait distinguer le fanal de poupe
du «matelot d’avant». C’était le Fort. La masse
sombre de la Perle, matelot d’arrière, suivait docilement. La cloche
tinta. Quatre coups doubles. Fin de quart!
Le nouvel homme de barre prit en main la manuelle. Les vigies s’interchangèrent
et François Vatry remplaça le lieutenant de Hautefort.
Une brise infime s’était levée, comme un frisson, suscitant
quelques fugitives risées. Celles-ci étincelèrent sous les
rayons de lune, dans une débauche d’éclats blafards.
- Bon quart devant!
- Bon quart derrière!
Par intervalles réguliers, l’appel traînant et modulé d’une
vigie trouait le silence, conjurait le sommeil. Et puis une autre vigie lui faisait écho.
Feu follet rassurant, un fanal parcourut le bâtiment. L’enseigne
faisait sa ronde. Le jeune homme visita, tour à tour, les hommes qui veillaient.
Il bavarda quelques instants avec chacun d’entre eux. Il leur distribua
ses encouragements et regagna le gaillard. Là, il s’installa sur
le banc de quart, enveloppé dans sa houppelande, vaste et douillette.
Alors, il se laissa aller quelque temps à rêvasser. Que pouvait-il
faire d’autre? Le cap était bon, la position du vaisseau aussi exacte
que possible. La mer se trouvait quant à elle des plus belles et la brise
soufflait avec une régularité rassurante ainsi qu’une agréable
douceur. Oui, vraiment, la vigie de l’avant pouvait chanter gaiement du
haut de son gaillard.
- Ouvre l’œil au bossoir devant… les feux sont clairs!
- Déjà deux heures! pensa François à mi-voix. Comme
le temps passe vite!
Il ne se passait pourtant rien, ni à bord, ni au large, ni sur les vaisseaux
de l’escadre qui précédaient ou suivaient le Soleil Royal.
Tous taillaient paisiblement leur route sous la lune. Un instant, Vatry s’assoupit.
L’appel des vigies vint à propos le ramener aux réalités.
- Bon quart tienbord!
- Bon quart basbord!
Le jeune homme fit alors les cent pas le long de la balustrade du gaillard pour
se tenir éveillé. Arrivé à chaque bord, il s’accoudait
au pavois quelques minutes, contemplait les infinités marines, puis repartait
vers le bord opposé. Au sud, la côte normande avait disparu. La
pointe de Barfleur avait été doublée depuis longtemps et
la mer environnait à présent totalement l’armée navale.
Timidement, la première tonalité d’un jour nouveau apparaissait
dans l’est. Ce fut tout d’abord un bleu plus tendre qui semblait
monter de la mer. Puis ce bleu se teinta de violet puis de mauve. Bientôt,
l’horizon s’ensanglanta. François ne parvenait plus à s’arracher
de ce spectacle tant de fois contemplé, mais chaque fois renouvelé.
Alors tout s’embrasa. Le soleil apparaissait dans sa gloire!
- Voiles en vue par quatre quarts basbord, à six lieues!
L’enseigne pointa sa lunette dans la direction désignée.
- Appelez sur le champ Monsieur Pâtel! commanda-t-il aussitôt. Faites
siffler le branle-bas en catastrophe! L’ennemi est en vue!
Illustrations :

Editeur :
Editions Téqui, collection Défi,
Diffusion :
En librairie prochainement
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